A propos d’identité nationale
Le Président de la République a confié à un de ses ministres d’ouverture le soin de lancer « un grand débat sur l’Identité
Nationale ».
Les esprits suspicieux pourront se demander s’il ne s’agit pas d’une petite manœuvre visant d’une part à essayer de récupérer, encore une fois, les voix des
patriotes abusés en 2007, et, d’autre part, à occuper le terrain des médias afin qu’il ne reste plus de place pour des problèmes accessoires (à son avis) tels la crise, l’endettement de l’Etat et
des Français, le chômage, les délocalisations, ou pour lui plus gênants, tels les affaires et le népotisme.
D’autres se diront que si la question se pose, c’est parce que la réponse n’est pas, ou n’est plus, évidente. Ils se demanderont si ce flou, ce désarroi, ne
sont pas la conséquence de décennies de propagande, parfois au plus haut niveau, tendant à faire considérer les termes de « patriotisme » ou « nation » comme quasi obscènes,
propagande dont les exemples les plus récents sont les diverses formes de repentance.
C’est pourquoi il serait très intéressant de demander leur définition de « l’Identité Nationale » à ces quelques binationaux franco-algériens qui,
ce samedi 14 novembre 2009, ont exprimé leur déception de voir leur pays, l‘Algérie, battu au football par l’Egypte. Et les affrontements avec la police ont eu lieu non à Alger ou Oran, mais à
Marseille et Lyon. Venant après les sifflets ayant accueilli la Marseillaise lors d’une rencontre France-Algérie, la réponse est claire.
« L’Identité Nationale » ne peut pas s’accommoder de la bi-nationalité, sous peine de conduire à la schizophrénie. Car cette « Identité
Nationale » ne repose pas seulement sur les « valeurs de la République », comme le proposent de manière simpliste nombre de nos politicards, car ces « valeurs » peuvent
prétendre à l’universel ; cette « Identité Nationale » (dans laquelle on retrouve le mot « Nation ») repose aussi et surtout sur des valeurs plus anciennes, sur une Histoire
dont la plus grande partie est antérieure à 1789, valeurs et Histoire que les immigrés des siècles précédents ont su assimiler, reprendre à leur compte, participant ainsi à l’élaboration lente,
mais continue de notre identité nationale actuelle.
L’immigration de masse non assimilée, et surtout le développement des communautarismes qui en découle, sont totalement en dehors de la notion
d’« Identité Nationale ».
NATIONS PRESSE INFO
Derniers Commentaires